Marc Le Bot - "L'autre main" dans "L'intime et l'étranger" (Nouvelle revue de psychanalyse)




Les yeux s'y mettent à deux pour voir et les mains à deux pour toucher. Mais la dualité, ici et là, n'est pas la même. Un borgne n'est pas un manchot. Un oeil ne voit jamais l'autre oeil, si ce n'est par l'artifice des miroirs. Les mains, au contraire, se touchent quand elles veulent; et même se touchent spontanément comme pour s'assurer de la présence de mon corps à lui-même. Peut-être le premier toucher conscient est-il celui des mains de la petite enfance : la manipulation d'une main par l'autre; l'épreuve de cette solitude.


(Christopher Anderson - "Son")